Raisonnement par récurrence

principe de récurrence

Soit $\mathcal {P}_n$ une propriété dépendant d'un entier naturel $n$. Si:

  • pour un entier $n_0$, $\mathcal {P}_{n_0}$ est vraie (initialisation),
  • pour tout entier naturel $k \geqslant n_0$, le fait que $\mathcal {P}_k$ soit vraie implique que $\mathcal {P}_{k+1}$ est vraie (hérédité),

alors $\mathcal {P}_n$ est vraie pour tout entier naturel $n$ supérieur à $n_0$.

si $\mathcal {P}_k \Rightarrow \mathcal {P}_{k+1}$ alors on dira que la propriété est héréditaire.

Une démonstration par récurrence est une démonstration dans laquelle on utilise le principe de récurrence.

Démontrons par récurrence que pour tout entier $n\geqslant 1$ : \[ 1^2+2^2+3^2+\cdots+(n-1)^2+n^2=\dfrac{n(n+1)(2n+1)}{6}. \]

  • Initialisation : comme : \[ 1^2=\dfrac{1\times2\times3}{6}\;, \] la propriété est vraie au rang $1$.
  • Hérédité : soit $k$ un entier non nul arbitrairement fixé ; supposons la propriété vraie au rang $k$ : \[ 1^2+2^2+3^2+\cdots+(k-1)^2+k^2=\dfrac{k(k+1)(2k+1)}{6}. \] On veut montrer que la propriété est vraie au rang $k+1$, soit :

    \[ \begin{align} 1^2+2^2+\cdots+k^2+(k+1)^2 & =\dfrac{(k+1)(k+2)[2(k+1)+1]}{6}\\ & =\dfrac{(k+1)(k+2)(2k+3)}{6}.\end{align} \]

    En utilisant l'hypothèse de récurrence, on a :

    \[ \begin{align} 1^2+2^2+3^2+\cdots+k^2+(k+1)^2 &=\dfrac{k(k+1)(2k+1)}{6}+(k+1)^2 \\ &=\dfrac{k+1}{6}\big[k(2k+1)+6(k+1)\big] \\ &=\dfrac{(k+1)(k+2)(2k+3)}{6}.\end{align} \]

    La propriété est donc vraie au rang $k+1$.

    Conclusion : Ainsi, $\mathcal {P}_1$ est vraie et la propriété est héréditaire, donc d'après le principe de récurrence, la propriété considérée est vraie pour tout rang $n\geqslant1$.

Limite d'une suite


Convergence et divergence d'une suite

  • On dit que la suite $(u_n)$ converge vers un réel $\ell$ si: \[ \forall \varepsilon>0,\ \exists N > 0,\ \forall n \geqslant N,\ |u_n-\ell|<\varepsilon. \] On écrit alors : $\lim\limits_{n\to+\infty}u_n=\ell$.

    On dira alors que $(u_n)$ tend vers $\ell$.

  • On dit que la suite $(u_n)$ diverge vers $+\infty$ si: \[ \forall A\in\R,\ \exists N\in\N, \forall n\geqslant A,\ u_n > A. \] On écrit alors : $\lim\limits_{n\to+\infty}u_n=+\infty$.
  • On dit que la suite $(u_n)$ diverge vers $-\infty$ si la suite $(-u_n)$ diverge vers $+\infty$.
  • La suite $(u_n)$ définie pour tout entier naturel non nul $n$ par $u_n=\dfrac{1}{n}$ converge vers 0. En effet, pour un $\varepsilon$ donné (strictement positif),

    \[ \begin{align} |u_n-0|<\varepsilon & \iff \dfrac{1}{n}<\varepsilon\\ & \iff n > \dfrac{1}{\varepsilon}.\end{align} \]

    Il existe donc bien un $N=\dfrac{1}{\varepsilon}$ tel que $|u_n-0|<\varepsilon$.

  • La suite $(u_n)$ définie pour tout entier naturel $n$ par $u_n=n^2$ diverge vers $+\infty$. En effet, pour tout nombre réel $A>0$,

    \[ \begin{align} u_n > A & \iff n^2 > A\\ & \iff n > \sqrt{A}. \end{align} \]

    Il existe donc bien un entier $N=\left\lceil \sqrt{A} \right\rceil$ (partie entière supérieure de $\sqrt{A}$) tel que $u_n>A$.

Si $A=10$ alors $\sqrt{10}\approx3,16$ et donc $\left\lceil \sqrt{A} \right\rceil=4$.

Suites non convergentes et non divergentes

On dit que la suite $(u_n)$ n'admet pas de limite quand elle ne converge pas et quand elle ne diverge pas.

  • La suite $(u_n)$ définie par $u_n=(-1)^n$ n'admet pas de limite.

    En effet, pour tout entier naturel $k$,

    \[ \begin{align} u_{2k}&=(-1)^{2k} = \big[(-1)^2\big]^k = 1^k = 1\\ u_{2k+1}&=(-1)^{2k+1} = (-1)^{2k}\times(-1)= 1 \times (-1) = -1.\end{align} \]

    On dit ici que la suite est alternée.

  • La suite $(v_n)$ définie par $v_n=\cos(n)$ n'admet pas de limite (admis).
  • La suite $(w_n)$ définie par $w_n=\sin(n)$ n'admet pas de limite (admis).

Limites de référence

Soit $p$ un entier strictement positif. Alors, \[ \lim\limits_{n\to+\infty}\left(\dfrac{1}{n^p}\right)=\lim\limits_{n\to+\infty}\left(\dfrac{1}{\sqrt{n}}\right)=0 \qquad\text{et}\qquad \lim\limits_{n\to+\infty}\left(\sqrt{n}\right)=\lim\limits_{n\to+\infty}\left(n^p\right)=+\infty. \]

Opérations sur les limites

somme, produit et quotient de limites

Soient $(u_n)$ et $(v_n)$ deux suites telles que $\limite{n}{+\infty}{(u_n)}=\ell$ et $\limite{n}{+\infty}{(v_n)}=\ell'$, où $\ell$ et $\ell'$ sont deux nombres réels. Alors,

  • $\limite{n}{+\infty}{(-u_n)}=-\ell$
  • $\limite{n}{+\infty}{(u_n+v_n)}=\ell+\ell'$
  • $\limite{n}{+\infty}{(u_n \times v_n)}=\ell \times\ell'$
  • $\limite{n}{+\infty}{\left(\dfrac{u_n}{v_n}\right)}=\dfrac{\ell}{\ell'}$ (si $\ell'\neq0$)
forme indéterminée

On appellera forme indéterminée une expression dont on ne peut pas calculer la limite directement.

formes indéterminées sur les limites

Soient $(u_n)$ et $(v_n)$ deux suites telles que $\limite{n}{+\infty}{(u_n)}=\ell$ et $\limite{n}{+\infty}{(v_n)}=\ell'$. Alors,

  • Si $\ell=+\infty$ et $\ell'=-\infty$, alors $\limite{n}{+\infty}{(u_n+v_n)}$ est une forme indéterminée.

    On notera alors: F.I. du type « $\infty-\infty$ ».

  • Si $\ell=0$ et $\ell'=\pm\infty$, alors $\limite{n}{+\infty}{(u_n \times v_n)}$ est une forme indéterminée.

    On notera alors: F.I. du type « $0 \times \infty$ ».

  • Si $\ell=\pm\infty$ et $\ell'=\pm\infty$, alors $\limite{n}{+\infty}{\left( \dfrac{u_n}{v_n} \right)}$ est une forme indéterminée.

    On notera alors: F.I. du type « $\dfrac{\infty}{\infty}$ ».

  • Si $\ell=0$ et $\ell'=0$, alors $\limite{n}{+\infty}{\left( \dfrac{u_n}{v_n} \right)}$ est une forme indéterminée.

    On notera alors: F.I. du type « $\dfrac{0}{0}$ ».

  • Indétermination du type « $\infty-\infty$ »:

    Si $u_n=n^2$ et $v_n=-3n+1$ alors $\limite{n}{+\infty}{(u_n+v_n)}=\limite{n}{+\infty}{(n^2-3n+1)}$ est une forme indéterminée.

  • Indétermination du type « $0\times\infty$ »:

    Si $u_n=\e^{-n}$ et $v_n=3n+1$ alors $\limite{n}{+\infty}{(u_n \times v_n)}=\limite{n}{+\infty}{\left((3n+1)\e^{-n}\right)}$ est une forme indéterminée.

  • Indétermination du type « $\dfrac{\infty}{\infty}$ »:

    Si $u_n=\e^{n}$ et $v_n=3n+1$ alors $\limite{n}{+\infty}{\left( \dfrac{u_n}{v_n}\right)}=\limite{n}{+\infty}{\left(\dfrac{\e^{n}}{3n+1}\right)}$ est une forme indéterminée.

  • Indétermination du type « $\dfrac{0}{0}$ »:

    Si $u_n=\e^{-n}$ et $v_n=\sin\left(\dfrac{1}{n}\right)$ alors $\limite{n}{+\infty}{\left( \dfrac{u_n}{v_n}\right)}=\limite{n}{+\infty}{\left(\dfrac{\e^{-n}}{\sin\left(\dfrac{1}{n}\right)}\right)}$ est une forme indéterminée.

Lorsque nous avons affaire à une forme indéterminée, nous devons lever l'indétermination, c'est-à-dire transformer l'expression de la suite de sorte à ne plus avoir de formes indéterminées.

lever une indétermination

Dans le cas d'une forme indéterminée du type « $\infty-\infty$ » ou « $\dfrac{\infty}{\infty}$ » , on factorise par le terme qui croît le plus vite vers l'infini.

polynôme

Soit $(u_n)$ la suite définie par $u_n=n^2-3n+1$. Pour lever l'indétermination du type « $\infty-\infty$ », on factorise par $n^2$ (le terme dominant): \[ u_n=n^2\left(\dfrac{n^2}{n^2}-\dfrac{3n}{n^2}+\dfrac{1}{n^2}\right)= n^2\left(1-\dfrac{3}{n}+\dfrac{1}{n^2}\right). \] De plus, $\begin{cases} \limite{n}{+\infty}{(n^2)}=+\infty\\ \limite{n}{+\infty}{\left(-\frac{3}{n}\right)}=\limite{n}{+\infty}{\left(\frac{1}{n^2}\right)}=0\text{ donc, par limite d'une somme, }\limite{n}{+\infty}{\left(1-\dfrac{3}{n}+\dfrac{1}{n^2}\right)}=1 \end{cases}$

Ainsi, par produit des limites, $\limite{n}{+\infty}{(u_n)}=+\infty$.

Limite et comparaison

théorème de comparaison

Soient $(u_n)$ et $(v_n)$ deux suites.

  • Théorème de minoration:

    \[ \exists N\in\N,\ \forall n>N,\ v_n \geqslant u_n\\ \lim\limits_{n \to +\infty} u_n = +\infty \iff \lim\limits_{n \to +\infty} v_n = +\infty. \]

  • Théorème de majoration:

    \[ \exists N\in\N,\ \forall n>N,\ v_n \leqslant u_n\\ \lim\limits_{n \to +\infty} u_n = -\infty \iff \lim\limits_{n \to +\infty} v_n = -\infty. \]

  • Soit $(v_n)$ une suite telle que pour tout entier naturel $n$, $v_n \geqslant n^2$.

    $\limite{n}{+\infty}{\big(n^2\big)}=+\infty$ donc, d'après le théorème de minoration, $\lim\limits_{n\to+\infty} (v_n)=+\infty$.

  • Soit $(v_n)$ une suite telle que pour tout entier naturel $n$, $v_n\leqslant-n^2$.

    $\limite{n}{+\infty}{\big(-n^2\big)}=-\infty$ donc, d'après le théorème de majoration, $\lim\limits_{n\to+\infty}(v_n) =-\infty$.

théorème d'encadrement (théorème des gendarmes)

On considère trois suites $(u_n)$, $(v_n)$ et $(w_n)$ et un réel $\ell$.

\[ \begin{cases} \exists N\in\N,\ \forall n > N,\ v_n \leqslant u_n \leqslant w_n\\ \lim\limits_{n\to+\infty}v_n=\lim\limits_{n\to+\infty}w_n=\ell\end{cases} \implies \lim\limits_{n \to +\infty} u_n = \ell. \]

Soit $(u_n)$ une suite telle que pour tout entier naturel $n\geqslant1$, \[ \dfrac{1}{n^2} \leqslant u_n \leqslant \dfrac{1}{n}. \] $\lim\limits_{n\to+\infty}\dfrac{1}{n}=\lim\limits_{n\to+\infty}\dfrac{1}{n^2}=0$ donc d'après le théorème des gendarmes, \[ \lim\limits_{n\to+\infty}u_n=0. \]

Comportement à l'infini de (q$^\text{n}$)

inégalité de Bernoulli

Pour tout réel $x>-1$ ($x\neq0$) et pour tout entier naturel $n$ non nul, on a : \[ (1+x)^n > 1 + nx. \]

Elle se fait par récurrence (voir partie exercices).

Soient $q$ un nombre réel et $n$ un entier naturel.

  • Si $q > 1$, alors $\lim\limits_{n \to +\infty}\big( q^n \big) = +\infty$.
  • Si $q = 1$, alors $\lim\limits_{n \to +\infty} \big( q^n \big) = 1$.
  • Si $-1 < q < 1$, alors $\lim\limits_{n \to +\infty} \big( q^n \big) = 0$.
  • Si $q < -1$, alors $(q^n)$ n'a pas de limite (admis).
  • Si $q>1$ alors $q=1+x$, avec $x>0$. Ainsi, d'après l'inégalité de Bernoulli, \[ q^n = (1+x)^n > 1+nx,\ x>0. \] Or, $\limite{n}{+\infty}{(1+nx)}=+\infty$ donc, d'après le théorème de minoration, $\limite{n}{+\infty}{\big(q^n\big)}=+\infty$.
  • Si $q=1$ alors $q^n=1$ pour tout entier naturel $n$, donc $\limite{n}{+\infty}{\big( q^n \big)} = \limite{n}{+\infty}{(1)}=1$.
  • Si $0 < q <1$ alors $\dfrac{1}{q}>1$ et donc, d'après le premier point de cette démonstration, $\limite{n}{+\infty}{\left(\dfrac{1}{q}\right)^n}=+\infty$. On peut aussi écrire: $\limite{n}{+\infty}{\left(\dfrac{1}{q^n}\right)}=+\infty$.

    Ainsi, par inverse de la limite, $\limite{n}{+\infty}{\big(q^n\big)}=\limite{N}{+\infty}{\left(\dfrac{1}{N}\right)}=0$.

    Si $-1 < q < 0$ alors $0<-q<1$ et le résultat précédent donne: $\limite{n}{+\infty}{(-q)^n}=0$, soit $\limite{n}{+\infty}{\big(q^n\big)}=0$.

Toute suite géométrique de raison $q$ telle que $\lvert q \rvert < 1$ converge vers 0.

Cette propriété découle de la propriété précédente.

Suite majorée, suite minorée

  • Une suite $(u_n)$ est dite \emph{majorée} s'il existe un réel $M$ tel que :

    pour tout $n\in\N$, $u_n\leqslant M$.

  • Une suite $(u_n)$ est dite \emph{minorée} s'il existe un réel $m$ tel que :

    pour tout $n\in\N$, $m\leqslant u_n$.

  • Une suite est dite bornée si elle est majorée et minorée.

On considère la suite $(u_n)$ définie pour tout entier naturel $n$ non nul par $u_n=1+\dfrac{1}{n}$.

  • Pour tout entier naturel $n$ non nul, $\dfrac{1}{n}\leqslant1$ donc $u_n\leqslant1+1$, soit $u_n\leqslant2$.

    La suite $(u_n)$ est donc majorée par 2.

  • De plus, $\dfrac{1}{n}>0$ pour tout entier naturel $n$ non nul donc $u_n>1$.

    La suite $(u_n)$ est donc minorée par 1.

  • La suite $(u_n)$ est minorée et majorée; elle est donc bornée.
théorème de convergence des suites monotones

  • Toute suite croissante et majorée converge.
  • Toute suite décroissante et minorée converge.
  • Toute suite monotone et bornée converge.

Soit $(u_n)$ une suite telle que, pour tout entier naturel $n$, \[ u_n \leqslant u_{n+1} \leqslant 3. \] Alors, la suite est croissante (car $u_n \leqslant u_{n+1}$) et majorée (par 3).

Donc, d'après le théorème de convergence des suites monotones, $(u_n)$ converge.

Attention: la limite n'est pas nécessairement égale à 3.

Algorithmique


Calcul des premiers termes d'une suite en Python

Pour calculer les $k$ premiers termes d'une suite dont on connaît la relation de récurrence, on utilisera une boucle itérative: $\texttt{for n in range(k)}$.

fonction range de Python
  • $\texttt{range(k)}$ désigne la liste des entiers de 0 à $k-1$: il y a donc $k$ termes dans la liste.
  • $\texttt{range(a,b+1)}$ désigne la liste des entiers $n$ tels que $a \leqslant n \leqslant b$.

Soit $(u_n)$ la suite définie pour tout entier naturel $n$ par: \[ \begin{cases} u_0 = 7\\ u_{n+1}=0,9u_n+2 \end{cases} \]

Calculons les premiers termes de cette suite jusqu'à $u_{10}$. Pour cela, utilisons le programme suivant:

u = 7
for n in range(10):
	# relation de récurrence
	# de la suite print(u)
	u = 0.9*u + 2

Les résultats affichés sont donnés ci-contre.

Pour des raisons de représentation des nombres réels en Python, certains résultats (qui se terminent par « 000X ») ne sont que des valeurs approchées.

8.3
9.47
10.523000000000001
11.4707
12.323630000000001
13.091267000000002
13.782140300000002
14.403926270000001
14.963533643000002
15.467180278700003

L'instruction « $\texttt{u = 0.9*u + 2}$ » est construite à partir de la relation de récurrence: $u_{n+1} = 0,9u_n+2$.

Dans cette instruction, il faut comprendre que le $\texttt{u}$ avant le signe « $\texttt{=}$ » représente le terme que l'on veut calculer ($u_{n+1}$), alors que le $\texttt{u}$ après le signe « $\texttt{=}$ » représente le terme déjà en mémoire, donc le terme qui précède celui que l'on veut calculer (donc $u_n$).

Algorithme de seuil

Soit $(u_n)$ une suite numérique.

On appelle algorithme de seuil tout programme permettant d'obtenir la plus petite valeur de $n$ pour laquelle une condition sur $u_n$ est remplie.

Soit $(u_n)$ la suite définie pour tout entier naturel $n$ par $\begin{cases} u_0 = 7\\ u_{n+1}=0,9u_n+2 \end{cases}$

Déterminer la plus petite valeur de $n$ pour laquelle $u_n \geqslant 19,98$ peut être fait à l'aide d'un algorithme de seuil.

En général, on utilise une boucle conditionnelle ( $\texttt{while (contraire de la condition)}$ ) dans un algorithme de seuil.

Soit $(u_n)$ la suite définie pour tout entier naturel $n$ par: \[\begin{cases} u_0 = 7\\ u_{n+1}=0,9u_n+2 \end{cases} \]

On souhaite déterminer la plus petite valeur de $n$ pour laquelle $u_n \geqslant 19,98$ (condition).

On calcule donc tous les premiers termes de la suite tant que la condition n'est pas remplie, c'est-à-dire tant que $u_n<19,98$. On utilise alors le programme suivant:

u = 7 # premier terme de la suite
n = 0 # indice du premier terme
while u < 19.98: 
	u = 0.9*u + 2 
	# relation de récurrence de la suite 
	
	n = n+1 
	# on augmente de 1 l'indice
print(n)
62


Ce résultat nous dit que pour tout entier naturel $n<62$, $u_n<19,98$ et que $u_{62}\geqslant19,98$.

On peut aussi utiliser une fonction dont le paramètre est le seuil.

Soit $(u_n)$ la suite définie pour tout entier naturel $n$ par: \[ \begin{cases} u_0 = 7\\ u_{n+1}=0,9u_n+2 \end{cases} \]

On souhaite déterminer la plus petite valeur de $n$ pour laquelle $u_n \geqslant 19,98$ (condition).

On calcule donc tous les premiers termes de la suite tant que la condition n'est pas remplie, c'est-à-dire tant que $u_n<19,98$. On utilise alors le programme suivant:

def seuil(k): 
	u = 7 # premier terme de la suite 
	n = 0 # indice du premier terme
	while u < k: 
		u = 0.9*u + 2 
		# relation de récurrence de la suite 
		
		n = n+1 
		# on augmente de 1 l'indice
	return n
>>> seuil(19)
25


Ce résultat nous dit que le plus petit\linebreak entier $n$ tel que $u_n \geqslant 19$ est $n=25$.

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Exercices

Raisonnement par récurrence sans suite

Pour tout entier naturel $n$ non nul, on pose: \[ S_n=\sum_{k=1}^n \dfrac{k}{(k+1)!}=\dfrac{1}{2!}+\dfrac{2}{3!}+\dfrac{3}{4!}+\cdots \] où $k! = 2\times3\times4\times5\times\cdots\times (k-1)\times k$.

  1. Calculer $S_1$, $S_2$ et $S_3$.

    Vérifier que $S_n=1-\dfrac{1}{(n+1)!}$ pour $n=1$, $n=2$ et $n=3$.

  2. Démontrer par récurrence que pour tout entier naturel $n$ non nul, \[ S_n=1-\dfrac{1}{(n+1)!}. \]

    • $S_1=\dfrac{1}{2!}=\dfrac{1}{2}=1-\dfrac{1}{2}=1-\dfrac{1}{2!}$.
    • $S_2=\dfrac{1}{2!}+\dfrac{2}{3!}=\dfrac{5}{6}=1-\dfrac{1}{6}=1-\dfrac{1}{3!}$.
    • $S_3=S_2+\dfrac{3}{4!}=\dfrac{23}{24}=1-\dfrac{1}{24}=1-\dfrac{1}{4!}$.
    On constate alors que $S_n=1-\dfrac{1}{(n+1)!}$ pour $n=1$, $n=2$ et $n=3$.
  1. Démontrons par récurrence cette dernière conjecture. Nous avons réalisé l'initialisation dans la question précédente.

    Supposons que pour un entier $k$ fixé, $S_k=1-\dfrac{1}{(k+1)!}$ (HR). Alors,

    \[ \begin{align} S_{k+1} & = S_k + \dfrac{k+1}{(k+2)!}\\ & = 1-\dfrac{1}{(k+1)!} + \dfrac{k+1}{(k+2)!}\\ & = 1-\dfrac{1}{(k+1)!}\times\dfrac{k+2}{k+2} + \dfrac{k+1}{(k+2)!}\\ & = 1-\dfrac{k+2}{(k+2)!} + \dfrac{k+1}{(k+2)!}\\ & = 1-\dfrac{1}{(k+2)!}.\end{align} \]

    L'hérédité est alors vérifiée.

    La formule est donc vraie pour tout entier naturel $n$ non nul.

On considère la somme : \[ S_n= \sum_{k=1}^n k^2 = 1^2+2^2+3^2+\cdots+(n-1)^2+n^2. \] Montrer par récurrence que : \[ S_n = \frac{n(n+1)(2n+1)}{6}. \]

Posons $P(n)$ la propriété : \[ (P_n)\: :\: 1^2+2^2+3^2+\cdots+(n-1)^2+n^2=\frac{n(n+1)(2n+1)}{6} \]

  1. Initialisation. $S_1=1^2=1$ et $\dfrac{1\times(1+1)(2\times1+1)}{6}=\dfrac{6}{6}=1$. Donc $P(1)$ est vraie.
  2. Hérédité. Supposons que pour un entier naturel $k$, la propriété $P(k)$ est vraie (hypothèse de récurrence). Montrons alors que $P(k+1)$ l'est aussi, c'est-à-dire que : \[ 1^2+2^2+\cdots+k^2+(k+1)^2 = \frac{(k+1)(k+2)(2k+3)}{6}\] Par hypothèse de récurrence, on a :

    \[ \begin{align} 1^2+2^2+\cdots+k^2+(k+1)^2 & = S_k+(k+1)^2\\[8pt] & = \frac{k(k+1)(2k+1)}{6}+(k+1)^2\\[8pt] & = (k+1)\left[\frac{k(2k+1)}{6}+(k+1) \right]\\[8pt] & = (k+1)\left[\frac{k(2k+1)+6(k+1)}{6} \right]\\[8pt] & = \frac{(k+1)(2k^2+7k+6)}{6}.\end{align} \]

    « $k_1=-2$ » est une racine évidente du polynôme $2k^2+7k+6$ donc la seconde racine $k_2$ est telle que $k_1k_2=\dfrac{c}{a}$, donc $k_2=-\dfrac{1}{2}\times\dfrac{6}{2}=-\dfrac{3}{2}$. Ainsi, $2k^2+7k+6=2\left(k+2\right)\left(k+\frac{3}{2}\right)=(k+2)(2k+3)$.

    Finalement, on a : \[ 1^2+2^2+\cdots+k^2+(k+1)^2=\frac{(k+1)(k+2)(2k+3)}{6}. \] L'hérédité est donc vérifiée.

  3. Conclusion. Quel que soit l'entier naturel $k \geqslant 1$, $P(k) \Rightarrow P(k+1)$. Ainsi, d'après le principe de récurrence, la propriété $P(n)$ est vraie pour tout entier $n\geqslant 1$.

Montrer par récurrence l'inégalité suivante, appelée inégalité de Bernoulli: \[ \forall x > -1,\ x\neq0, \forall n>1,\ (1+x)^n > 1+nx. \]

  • Initialisation.

    Pour $n=2$,

    \[ \begin{align} (1+x)^n & = (1+x)^2 = 1+2x+x^2\\ 1+nx & = 1+2x. \end{align} \]

    Or, $x^2>0$ donc $1+2x+x^2>1+2x$; ainsi, $(1+x)^2 > 1+2x$.

    L'inégalité est donc vraie au rang $n=2$.

  • Hérédité.

    On suppose que l'inégalité est vraie au rang $n$, c'est-à-dire que l'on suppose que pour un entier $n$ quelconque supérieur strictement à 1 : \[ \forall x \geqslant-1,\ x\neq0,\ (1+x)^n>1+nx\qquad {\rm(HR)} \] et on souhaite démontrer que : \[ \forall x \geqslant-1,\ x\neq0,\ (1+x)^{n+1} > 1+(n+1)x. \] $\forall x \geqslant-1,\ x\neq0$, on a :

    \[ \begin{align} (1+x)^{n+1} & = (1+x)^n \times (1+x)\\ & > (1+nx)\times(1+x)\qquad\text{par HR}\\ & > 1+nx+x+x^2\qquad\text{en développant}\\ & > 1+(n+1)x+x^2.\end{align} \]

    Or, $x^2>0$ donc $1+(n+1)x+x^2>1+(n+1)x$, d'où: \[ (1+x)^{n+1}>1+(n+1)x. \] Ainsi, si l'inégalité est vraie à un rang $n$ quelconque, elle l'est aussi au rang $n+1$ : l'hérédité est démontrée.

Par conséquent, l'inégalité de Bernoulli est vraie pour tout entier naturel $n$ supérieur strictement à 1.

Démontrer par récurrence que pour tout entier naturel $n$ supérieur ou égal à 4, $n! > n^2$.

Il faudra faire preuve d'initiative dans cet exercice.

On rappelle que $n! = 2\times3\times4\times\cdots\times(n-1)\times n$.

Posons: \[ \mathcal{P}_n\quad:\quad \forall n \geqslant 4, n\in\N, n! > n^2. \] Démontrons par récurrence que cette propriété est vraie.

  • Initialisation.

    $4!=2\times3\times4=24$ et $4^2=16$ donc pour $n=4$, $n!>n^2$.

  • Hérédité.

    Supposons que pour un certain entier $k$ fixé supérieur ou égal à 4, $\mathcal{P}_k$ est vraie, c'est-à-dire que $k!>k^2$ (HR).

    Démontrons alors que $(k+1)! > (k+1)^2$, soit $(k+1)! > k^2+2k+1$.

    \[ \begin{align} (k+1)! & = k! \times (k+1)\\ & > k^2 \times (k+1)\qquad\text{ d'après (HR)} \end{align} \]

    Il faudrait démontrer maintenant que $k^2(k+1) \geqslant (k+1)^2$.

    On calcule alors:

    \[ \begin{align} k^2(k+1) - (k+1)^2 & = (k+1)\big[k^2 - (k+1) \big]\\ & = (k+1)(k^2-k-1)\\ & = (k+1)\big[ k(k-1) - 1 \big]. \end{align} \]

    $\forall k \geqslant 4$, \[ \begin{array}{r} k(k-1)-1 \geqslant 4\times3-1, \text{ soit }k(k-1)-1 \geqslant 11\\ k+1 \geqslant 5 \end{array} \Rightarrow (k+1)\big[ k(k-1) - 1 \big] \geqslant 55>0. \]

    Donc $k^2(k+1) - (k+1)^2 \geqslant0$, soit $k^2(k+1) \geqslant (k+1)^2$.

    Ainsi, $(k+1)! > (k+1)^2$. La propriété $\mathcal{P}_n$ est donc héréditaire.

D'après le principe de récurrence, on en déduit que $\mathcal{P}_n$ est vraie pour tout entier naturel $n$ supérieur ou égal à 4.

  1. Résoudre dans $\N$ l'inéquation: $4n > 2(n+1)$.
  2. Démontrer par récurrence que pour tout entier naturel $n \geqslant 3$, $2^n > 2n$.
  1. Résolvons dans $\N$ l'inéquation:

    \[ \begin{align} 4n > 2(n+1) & \iff 4n > 2n + 2\\ & \iff 2n > 2\\ & \iff n > 1. \end{align} \]

  2. Montrons par récurrence que pour tout entier naturel $n \geqslant 3$, \[ \mathcal{P}(n):\qquad 2^n > 2n. \]

    • Initialisation: pour $n=3$, $2^n=2^3=8$ et $2n=2\times3=6$.

      $8 > 6$ donc $2^3 > 2\times3$.

      $\mathcal{P}(3)$ est donc vraie.


    • Hérédité: supposons que pour un entier $k$ arbitrairement fixé, $\mathcal{P}(k)$ est vraie.

      Montrons alors que $\mathcal{P}(k+1)$ est aussi vraie, c'est-à-dire que $2^{k+1} > 2(k+1)$.

      \[ \begin{align} \mathcal{P}(k)\text{ vraie} & \Rightarrow 2^k > 2k\\ & \Rightarrow 2\times2^k > 2 \times 2k\\ & \Rightarrow 2^{k+1} > 4k {\color{red} > 2(k+1) \text{ (d'après la question précédente car $k>1$)}}\\ & \Rightarrow \mathcal{P}(k+1) \text{ vraie}. \end{align} \]

      L'hérédité est alors prouvée.

    • Conclusion: d'après le principe de récurrence, $\mathcal{P}(n)$ est vraie pour tout entier $n \geqslant 3$.

Soit $\mathcal{P}(n)$ la propriété:

« $4^n+1$ est divisible par 3. »

  1. On suppose que $\mathcal{P}(k)$ est vraie pour un entier $k$ arbitrairement fixé.

    Montrer que $\mathcal{P}(k+1)$ est alors vraie.

  2. $\mathcal{P}(n)$ est-elle vraie pour tout entier naturel $n$ ?
  3. Que cela vous inspire-t-il ?
  1. Supposons que pour un entier $k$ fixé, $4^k+1$ est divisible par 3. Alors, il existe un entier naturel $p$ tel que: \[ 4^k+1=3p. \]

    On a alors les implications suivantes:

    \[ \begin{align} & 4^k+1=3p\\ \Rightarrow & 4\times(4^k+1) = 4 \times 3p\\ \Rightarrow & 4^{k+1} + 4 = 12p\\ \Rightarrow & 4^{k+1} + 4 - 3 = 12p - 3\\ \Rightarrow & 4^{k+1} + 1 = 3(4p-1).\end{align} \]

    Ainsi, $4^{k+1}+1$ est un multiple de 3, et donc $\mathcal{P}(k+1)$ est vraie.

    On dit que la propriété $\mathcal{P}$ est héréditaire.

  2. $\mathcal{P}(0)$ stipule que $4^0+1=2$ est un multiple de 3, ce qui est loin d'être vrai.

    De même, $\mathcal{P}(1)$ stipule que $4^1+1=5$ est un multiple de 3, ce qui n'est pas le cas.

    Donc $\mathcal{P}(n)$ n'est pas vraie pour tout entier naturel $n$.

  3. Ce qui précède nous permet de constater que ce n'est pas parce qu'une propriété est héréditaire qu'elle est tout le temps vraie.

    Le principe de récurrence s'appuie d'ailleurs sur le fait qu'il est nécessaire de vérifier que la propriété est vraie pour un entier (généralement, le plus petit possible: c'est l'initialisation).

    Donc il faut veiller à faire l'initialisation lors d'un raisonnement par récurrence sans quoi, le raisonnement est faux.

Montrer par récurrence les propriétés suivantes.

  1. Pour tout entier naturel $n$, $4^n-3n-1$ est divisible par 9.
  2. Pour tout entier naturel $n$, $7\times3^{5n}+4$ est divisible par 11.
  1. Posons $\mathcal{P}(n): 4^n-3n-1=9p$, où $p$ est un entier relatif.

    • Initialisation.

      Pour $n=0$, on a: \[ 4^n-3n-1=4^0-3\times0-1=1-1=0 = 9\times 0. \] Ainsi, $\mathcal{P}(0)$ est vraie.

    • Hérédité.

      Supposons que pour un entier $k$ arbitrairement fixé, $\mathcal{P}(k)$ est vraie.

      Montrons alors que $\mathcal{P}(k+1)$ est aussi vraie, c'est-à-dire que:

      $4^{k+1} - 3(k+1) - 1 = 9p$, soit $4^{k+1} - 3k - 4 = 9p$, où $p$ est un entier relatif.

      \[ \begin{align} \mathcal{P}(k) \text{ vraie} & \Rightarrow 4^k-3k-1=9p\\ & \Rightarrow 4\times(4^k-3k-1) = 4\times 9p\\ & \Rightarrow 4^{k+1} {\color{red}-12k} - 4 = 4\times9p\\ & \Rightarrow 4^{k+1} {\color{red}- 3k - 9k} - 4 = 4\times9p\\ & \Rightarrow 4^{k+1} - 3k - 4 = 4\times9p +9k\\ & \Rightarrow 4^{k+1} - 3k - 4 = 9(4p+k)\\ & \Rightarrow \mathcal{P}(k+1) \text{ vraie}. \end{align} \]

      En effet, $4p+k$ est un entier relatif (car c'est une combinaison linéaire de deux entiers relatifs).

    • Conclusion.

      $\mathcal{P}(0)$ est vraie et $\mathcal{P}(k) \text{ vraie} \Rightarrow \mathcal{P}(k+1) \text{ vraie}$ donc, d'après le principe de récurrence, $\mathcal{P}(n)$ est vraie pour tout entier naturel $n$, à savoir que: \[ \forall n\in\N,\qquad 4^n-3n-1 \text{ est un multiple de 9}. \]

  2. Posons $\mathcal{P}(n):7\times3^{5n}+4=11p$, où $p$ est un entier naturel (non nul).

    • Initialisation.

      Pour $n=0$, on a: \[ 7\times3^{5n}+4=7\times3^0+4=7+4=11=11\times1. \] Ainsi, $\mathcal{P}(0)$ est vraie.

    • Hérédité.

      Supposons que pour un entier $k$ arbitrairement fixé, $\mathcal{P}(k)$ est vraie.

      Montrons alors que $\mathcal{P}(k+1)$ est aussi vraie, c'est-à-dire que: \[ 7\times3^{5(k+1)}+4=11p. \]

      \[ \begin{align} \mathcal{P}(k)\text{ vraie} & \Rightarrow 7\times3^{5k}+4=11p\\ & \Rightarrow 3^5\times\big(7\times3^{5k}+4\big)=3^5\times11p\\ & \Rightarrow 7\times3^{5k}\times3^5 + 4\times3^5 = 11\times3^5p\\ & \Rightarrow 7\times3^{5k+5} + {\color{red}972} = 11\times3^5p\\ & \Rightarrow 7\times3^{5(k+1)} + {\color{red}4 + 968} = 11\times3^5p\\ & \Rightarrow 7\times3^{5(k+1)} + 4 = 11\times3^5p-{\color{blue}968}\\ & \Rightarrow 7\times3^{5(k+1)} + 4 = 11\times3^5p-{\color{blue}11\times88}\\ & \Rightarrow 7\times3^{5(k+1)} + 4 = 11\times\big(3^5p-88\big)\\ & \Rightarrow \mathcal{P}(k+1) \text{ vraie}. \end{align} \]

    • Conclusion.

      $\mathcal{P}(0)$ est vraie et $\mathcal{P}(k) \text{ vraie} \Rightarrow \mathcal{P}(k+1) \text{ vraie}$ donc, d'après le principe de récurrence, $\mathcal{P}(n)$ est vraie pour tout entier naturel $n$, à savoir que: \[ \forall n\in\N,\quad 7\times3^{5n}+4\text{ est un multiple de 11}. \]

Raisonnement par récurrence avec une suite

On considère la suite $\suite{u}{n}{}$ définie par : \[ \begin{cases} u_0=0\\ u_{n+1}=\dfrac{1}{2-u_n}\quad,\qquad\forall n\in\N \end{cases} \]

  1. Calculer $u_1$, $u_2$ et $u_3$ sous forme de fraction irréductible.
  2. Conjecturer la formule qui donne $u_n$ puis la montrer par récurrence.

  1. Calculons :

    • $u_1 = \frac{1}{2-u_0} = \frac{1}{2}$
    • $u_2 = \frac{1}{2-u_1} = \frac{1}{2-\tfrac{1}{2}} = \frac{2}{3}$
    • $u_3 = \frac{1}{2-u_2} = \frac{1}{2-\tfrac{2}{3}} = \frac{3}{4}$
  2. Posons $P(n)$ la propriété : $u_n=\dfrac{n}{n+1}$.

    • Initialisation.

      Faite dans la question 1.

    • Hérédité.

      Supposons que pour un entier naturel $k$, $P(k)$ est vraie (H.R.). Montrons alors que $P(k+1)$ l'est aussi, c'est-à-dire que $u_{k+1}=\dfrac{k+1}{k+2}$.

      \[ \begin{align} u_{k+1} & = \frac{1}{2-u_k} = \frac{1}{2-\tfrac{k}{k+1}}\quad\text{(H.R.)}\\ & = \frac{1}{\tfrac{2(k+1)-k}{k+1}} = \frac{k+1}{k+2}.\end{align} \]

      L'hérédité est alors vérifiée.

    • Conclusion.

      Quel que soit l'entier naturel $k$, $P(k)\Rightarrow P(k+1)$. Ainsi, d'après le principe de récurrence, la propriété $P(n)$ est vraie pour tout entier naturel $n$.

On donne ci-dessous le tableau de variations d'une fonction $f$:

On définit alors la suite \suite{u}{n}{} par son premier terme $u_0=0$ et par l'égalité $u_{n+1}=f(u_n)$ pour tout entier $n$.

Montrer par récurrence que pour tout entier naturel $n$, $0\leqslant u_n \leqslant 5$.

On souhaite démontrer par récurrence que pour tout entier naturel $n$, $0\leqslant u_n \leqslant 5$.

  • Initialisation.

    $u_0=1$ donc $0 \leqslant u_0 \leqslant 5$. La propriété est donc vraie pour $n=0$.

  • Hérédité.

    Supposons que pour un entier $k$ fixé, $0\leqslant u_k \leqslant 5$.

    Alors, puisque $f$ est croissante sur $\intervFF{0}{5}$, on peut prendre l'image de chaque membre de cet encadrement sans changer le sens des inégalités: les images de 0, $u_k$ et 5 sont rangées dans le même ordre: \[ f(0) \leqslant f(u_k) \leqslant f(5) \] soit: \[ 1 \leqslant u_{k+1} \leqslant 5\qquad\text{et donc:}\qquad 0 \leqslant u_{k+1} \leqslant 5. \] L'hérédité est alors vérifiée.

  • Conclusion.

    La propriété est vraie pour $n=0$ et elle est héréditaire donc, d'après le principe de récurrence, $0\leqslant u_n \leqslant 5$ pour tout entier naturel $n$.

On considère la suite \suite{u}{n}{} définie par: \[ \begin{cases} u_0 = 2\\ u_{n+1} = \sqrt{1+u_n}\quad,\quad \forall n \geqslant0. \end{cases} \]

Montrer par récurrence que pour tout entier naturel $n$, $1 \leqslant u_n \leqslant 2$.

On souhaite démontrer par récurrence que pour tout entier naturel $n$, $1\leqslant u_n \leqslant 2$.

  • Initialisation.

    $u_0=2$ donc $1 \leqslant u_0 \leqslant 2$. La propriété est donc vraie pour $n=0$.

  • Hérédité.

    Supposons que pour un entier $k$ fixé, $1\leqslant u_k \leqslant 2$.

    Alors,on a:

    \[ \begin{align} 1\leqslant u_k \leqslant 2 & \Rightarrow 1+1\leqslant 1+u_k \leqslant 1+2\\ & \Rightarrow 2 \leqslant 1+u_k \leqslant 3\\ & \Rightarrow \sqrt2 \leqslant \sqrt{1+u_k} \leqslant \sqrt3\\ & \Rightarrow {\color{red} 1 \leqslant} \sqrt{2} \leqslant u_{k+1} \leqslant \sqrt{3}\ {\color{red} \leqslant 2} \end{align} \]

    L'hérédité est alors vérifiée.

  • Conclusion.

    La propriété est vraie pour $n=0$ et elle est héréditaire donc, d'après le principe de récurrence, $1\leqslant u_n \leqslant 2$ pour tout entier naturel $n$.

On considère la suite $\suite{u}{n}{}$ définie par: \[ \begin{cases} u_0 = \frac{1}{2}\\ u_{n+1} = \dfrac{1}{1+u_n}\quad,\quad \forall n \geqslant0. \end{cases} \]

Montrer par récurrence que pour tout entier naturel $n$, $\dfrac{1}{2} \leqslant u_n \leqslant 1$.

On souhaite démontrer par récurrence que pour tout entier naturel $n$, $\dfrac{1}{2}\leqslant u_n \leqslant 1$.

  • Initialisation.

    $u_0=\dfrac{1}{2}$ donc $\dfrac{1}{2} \leqslant u_0 \leqslant 1$. La propriété est donc vraie pour $n=0$.

  • Hérédité.

    Supposons que pour un entier $k$ fixé, $\dfrac{1}{2}\leqslant u_k \leqslant 1$.

    Alors,on a:

    \[ \begin{align} \dfrac{1}{2}\leqslant u_k \leqslant 1 & \Rightarrow 1+\dfrac{1}{2}\leqslant 1+u_k \leqslant 1+1\\ & \Rightarrow \dfrac{3}{2} \leqslant 1+u_k \leqslant 2\\ & \Rightarrow \dfrac{1}{2} \leqslant \dfrac{1}{1+u_k} \leqslant \dfrac{2}{3}\\ & \Rightarrow \dfrac{1}{2} \leqslant u_{k+1} \leqslant \dfrac{2}{3}\ {\color{red} \leqslant 1} \end{align} \]

    L'hérédité est alors vérifiée.

  • Conclusion.

    La propriété est vraie pour $n=0$ et elle est héréditaire donc, d'après le principe de récurrence, $\dfrac{1}{2}\leqslant u_n \leqslant 1$ pour tout entier naturel $n$.

Limites de suites

Déterminer la limite des suites suivantes.

  1. $a_n=\dfrac{3n+2}{4n-1}$
  2. $b_n=\dfrac{n^2-3n+1}{n+7}$
  3. $c_n=\dfrac{3n-7}{n^2+1}$

  1. $a_n=\dfrac{3n+2}{4n-1}=\dfrac{n\left(3+\frac{2}{n}\right)}{n\left(4-\frac{1}{n}\right)}=\dfrac{3+\frac{2}{n}}{4-\frac{1}{n}}$, pour $n>0$.

    Or, d'après le cours, $\limite{n}{+\infty}{\dfrac{1}{n}}=0$ donc, par somme, produit et quotient de limites, \[ \boxed{ \limite{n}{+\infty}{a_n}=\dfrac{3}{4} } \]

  2. $b_n=\dfrac{n^2-3n+1}{n+7}=\dfrac{n^2\left(1-\frac{3}{n}+\frac{1}{n^2}\right)}{n\left(1+\frac{7}{n}\right)}=\dfrac{n\left(1-\frac{3}{n}+\frac{1}{n^2}\right)}{1+\frac{7}{n}}$, pour $n>0$.

    Or, pour $k\in\Nstar$, $\limite{n}{+\infty}{\dfrac{1}{n^k}}=0$ donc, par somme produit et quotient de limites: \[ \boxed{\limite{n}{+\infty}{b_n}=\limite{n}{+\infty}{\dfrac{n\times1}{1}}=+\infty} \]

  3. $c_n=\dfrac{3n-7}{n^2+1}=\dfrac{n\left(3-\frac{7}{n}\right)}{n^2\left(1+\frac{1}{n^2}\right)}=\dfrac{3-\frac{7}{n}}{n\left(1+\frac{1}{n^2}\right)}$, pour $n>0$.

    Or, pour $k\in\Nstar$, $\limite{n}{+\infty}{\dfrac{1}{n^k}}=0$ donc, par somme, produit et quotient de limites, \[ \boxed{\limite{n}{+\infty}{c_n}=\limite{n}{+\infty}{\dfrac{3}{n}}=0} \]

Déterminer les limites des suites suivantes.

  1. $u_n=\dfrac{n^2+3n-2}{\sqrt{n}+1}$
  2. $v_n=\sqrt{\dfrac{4n+1}{n+2}}$
  3. $w_n=\dfrac{2\sqrt{n}+n-3}{\sqrt{n}+1}$

  1. Pour cette question, on aura besoin de voir que $n^2=n \times n = n \times \sqrt{n} \times \sqrt{n}$.

    Ainsi, $\dfrac{n^2}{\sqrt{n}}=n\sqrt{n}$.

    $u_n=\dfrac{n^2+3n-2}{\sqrt{n}+1}=\dfrac{n^2\left(1+\frac{3}{n}-\frac{2}{n^2}\right)}{\sqrt{n}\left(1+\frac{1}{\sqrt{n}}\right)}=\dfrac{n\sqrt{n}\left(1+\frac{3}{n}-\frac{2}{n^2}\right)}{1+\frac{1}{\sqrt{n}}}$, pour $n>0$.

    Or, pour $k\in\Nstar$, $\limite{n}{+\infty}{\dfrac{1}{n^k}}=0$ et $\limite{n}{+\infty}{\dfrac{1}{\sqrt{n}}}=0$ donc, par somme, produit et quotient de limites, \[ \boxed{ \limite{n}{+\infty}{u_n} = \limite{n}{+\infty}{\big(n\sqrt{n}\big)}=+\infty} \]

  2. $v_n=\sqrt{\dfrac{4n+1}{n+2}}=\sqrt{\dfrac{n\left(4+\frac{1}{n}\right)}{n\left(1+\frac{2}{n}\right)}}=\sqrt{\dfrac{4+\frac{1}{n}}{1+\frac{2}{n}}}$, pour $n>0$.

    Or, pour $k\in\Nstar$, $\limite{n}{+\infty}{\dfrac{1}{n^k}}=0$ donc, par somme, produit et quotient de limites, \[ \boxed{ \limite{n}{+\infty}{v_n} = \sqrt{\dfrac{4}{1}} = 2 } \]

  3. $w_n=\dfrac{2\sqrt{n}+n-3}{\sqrt{n}+1}=\dfrac{n\left(\frac{2\sqrt{n}}{n}+1-\frac{3}{n}\right)}{\sqrt{n}\left(1+\frac{1}{\sqrt{n}}\right)}=\dfrac{\sqrt{n}\left(\frac{2}{\sqrt{n}}+1-\frac{3}{n}\right)}{1+\frac{1}{\sqrt{n}}}$, pour $n>0$.

    Or, pour $k\in\Nstar$, $\limite{n}{+\infty}{\dfrac{1}{n^k}}=0$ et $\limite{n}{+\infty}{\dfrac{1}{\sqrt{n}}}=0$ donc, par somme, produit et quotient de limites, \[ \boxed{ \limite{n}{+\infty}{w_n} = \limite{n}{+\infty}{\dfrac{\sqrt{n}}{1}}=+\infty} \]

Déterminer la limite de la suite $\suite{u}{n}{n\geqslant1}$ où $u_n=\dfrac{n+\cos(n)}{n^2}$.

Pour tout entier naturel $n\neq0$, on a : \[ -1 \leqslant \cos(n) \leqslant 1. \] Ainsi,

\[ \begin{align} & n-1 \leqslant n+\cos(n)\leqslant n+1\\[6pt] \iff & \frac{n-1}{n^2}\leqslant\frac{n+\cos(n)}{n^2}\leqslant\frac{n+1}{n^2} \end{align} \]

De plus, \[ \lim_{n\to+\infty}\left( \frac{n-1}{n^2} \right) =\lim_{n\to+\infty}\left( \frac{n\left(1-\frac{1}{n} \right)}{n^2}\right) = \lim_{n\to+\infty}\left( \frac{1-\frac{1}{n}}{n} \right) =0. \] De même, \[ \lim_{n\to+\infty}\left(\frac{n+1}{n^2}\right)=0. \] Les limites des bornes étant finies et communes, d'après le théorème des gendarmes, \[ \boxed{\lim_{n\to+\infty} u_n=0} \]

Soient $a$ et $b$ deux réels strictement positifs tels que $a \neq b$.

On considère alors la suite $\suite{u}{n}{}$ définie pour tout entier naturel $n$ par: \[ u_n=\left( \dfrac{ab}{a^2+b^2} \right)^n. \]

  1. Montrer que: \[ ab < \frac{a^2+b^2}{2}. \]
  2. Montrer alors que: \[ \limite{n}{+\infty}{(u_n)}=0. \]

  1. Pour tous réels $a$ et $b$ strictement positifs tels que $a \neq b$, on a: \[ (a-b)^2=a^2+b^2-2ab. \] Or, \[ (a-b)^2 > 0 \] donc:

    \[ \begin{align} a^2+b^2-2ab > 0 & \iff a^2+b^2 > 2ab\\ & \iff \dfrac{a^2+b^2}{2} > ab\\ & \iff \boxed{ ab < \dfrac{a^2+b^2}{2} } \end{align} \]

    Cette dernière inégalité est un cas particulier de l'inégalité de Young (qui dépasse le programme de Terminale).

  2. On a:

    \[ \dfrac{ab}{a^2+b^2} < \dfrac{\frac{a^2+b^2}{2}}{a^2+b^2} < \dfrac{1}{2}. \]

    Ainsi, \[ u_n < \left(\dfrac{1}{2}\right)^n \] De plus, \[ u_n > 0 \] car $a>0$ et $b>0$. Donc, \[ \forall n\in\N,\quad 0 < u_n < \dfrac{1}{2^n}. \] Or, \[ \limite{n}{+\infty}{\left(\dfrac{1}{2^n}\right)}=0. \] Donc, d'après le théorème des gendarmes, \[ \boxed{ \limite{n}{+\infty}{(u_n)}=0 } \]

Pour tout entier naturel $n$ non nul, on pose: \[ S_n=\sum_{k=1}^n \dfrac{k}{(k+1)!}=\dfrac{1}{2!}+\dfrac{2}{3!}+\dfrac{3}{4!}+\cdots \] où $k! = 2\times3\times4\times5\times\cdots\times (k-1)\times k$.

  1. Montrer que pour tout entier naturel $k$, $\dfrac{k}{(k+1)!}=\dfrac{1}{k!} - \dfrac{1}{(k+1)!}$.
  2. En déduire que pour tout entier naturel $n$, $S_n=1-\dfrac{1}{(n+1)!}$.
  3. Calculer alors $\limite{n}{+\infty}{S_n}$.
  1. Pour tout entier naturel $k$,

    \[ \begin{align} \dfrac{k}{(k+1)!} & =\dfrac{k+1}{(k+1)!} - \dfrac{1}{(k+1)!}\\ &= \dfrac{\cancel{(k+1)}}{k!\times\cancel{(k+1)}}-\dfrac{1}{(k+1)!}\\& = \dfrac{1}{k!}-\dfrac{1}{(k+1)!}.\end{align} \]

  2. On a:

    \[ \begin{align} S_n & = \sum_{k=1}^n \dfrac{k}{(k+1)!} = \sum_{k=1}^n \left( \dfrac{1}{k!}-\dfrac{1}{(k+1)!} \right)\\ & = \left( \dfrac{1}{1!} - \dfrac{1}{2!}\right) + \left( \dfrac{1}{2!} - \dfrac{1}{3!}\right) + \left( \dfrac{1}{3!} - \dfrac{1}{4!}\right) + \cdots + \left( \dfrac{1}{n!} - \dfrac{1}{(n+1)!}\right)\\ & = \dfrac{1}{1!} - \cancel{\dfrac{1}{2!}} + \cancel{\dfrac{1}{2!}} - \cancel{\dfrac{1}{3!}} + \cancel{\dfrac{1}{3!}} - \cancel{\dfrac{1}{4!}} + \cdots + \cancel{\dfrac{1}{n!}} - \dfrac{1}{(n+1)!} \\ & = 1 - \dfrac{1}{(n+1)!}.\end{align} \]

  3. $\limite{n}{+\infty}{(n+1)!}=+\infty$ donc $\limite{n}{+\infty}{\dfrac{1}{(n+1)!}}=0$.

    Ainsi, $\boxed{\limite{n}{+\infty}{S_n}=1}$.

Déterminer les limites suivantes.

  1. $\limite{n}{+\infty}{\dfrac{n^2+\sin(n)}{n+1}}$
  2. $\limite{n}{+\infty}{\dfrac{(-1)^n-n^3}{1+n^2}}$
  1. Calculons $\limite{n}{+\infty}{\dfrac{n^2+\sin(n)}{n+1}}$.

    Pour tout entier naturel $n$,

    \[ \begin{align} -1 \leqslant \sin(n) \leqslant 1 & \iff n^2-1 \leqslant n^2+\sin(n) \leqslant n^2+1\\ & \iff \dfrac{n^2-1}{n+1} \leqslant \dfrac{n^2+\sin(n)}{n+1} \leqslant \dfrac{n^2+1}{n+1}\text{ car }n+1>0.\end{align} \]

    Or, $\dfrac{n^2-1}{n+1}=\dfrac{\cancel{n}\left(n-\frac{1}{n}\right)}{\cancel{n}\left(1+\frac{1}{n}\right)}$.

    De plus, $\limite{n}{+\infty}{\dfrac{1}{n}}=0$ donc:

    \[ \begin{array}{r} \limite{n}{+\infty}{\left(n-\frac{1}{n}\right)} = +\infty\\ \limite{n}{+\infty}{\left(1+\frac{1}{n}\right)}=1\end{array} \Rightarrow\limite{n}{+\infty}{\dfrac{n^2-1}{n+1}}=+\infty\text{ (par quotient)}. \] On a : \[ \underbrace{\dfrac{n^2-1}{n+1}}_{\color{red} \to +\infty} \leqslant \dfrac{n^2+\sin(n)}{n+1} \] donc, d'après le théorème de comparaison, \[ \boxed{\limite{n}{+\infty}{\dfrac{n^2+\sin(n)}{n+1}}=+\infty} \]

  2. Calculons $\limite{n}{+\infty}{\dfrac{(-1)^n-n^3}{1+n^2}}$.

    Pour tout entier naturel $n$,

    \[ \begin{align} -1 \leqslant (-1)^n \leqslant 1 & \iff (-1)-n^3 \leqslant (-1)^n-n^3 \leqslant 1-n^3\\ & \iff \dfrac{-1-n^3}{1+n^2} \leqslant \dfrac{(-1)^n-n^3}{1+n^2} \leqslant \dfrac{1-n^3}{1+n^2}. \end{align} \]

    Or, \[ \dfrac{1-n^3}{1+n^2}=\dfrac{\cancel{n^2}\left(\frac{1}{n^2}-n\right)}{\cancel{n^2}\left(\frac{1}{n^2}+1\right)}=\dfrac{\frac{1}{n^2}-n}{\frac{1}{n^2}+1}. \] De plus, \[ \begin{array}{r} \limite{n}{+\infty}{\left( \frac{1}{n^2}-n \right)} = -\infty\\ \limite{n}{+\infty}{\left( \frac{1}{n^2}+1 \right)} = 1 \end{array} \Rightarrow \limite{n}{+\infty}{\dfrac{\frac{1}{n^2}-n}{\frac{1}{n^2}+1}}=-\infty\text{ (par quotient)}. \] On a : \[ \dfrac{(-1)^n-n^3}{1+n^2} \leqslant \underbrace{\dfrac{1-n^3}{1+n^2}}_{\color{red}\to-\infty} \] donc, d'après le théorème de comparaison, \[ \boxed{\limite{n}{+\infty}{\dfrac{(-1)^n-n^3}{1+n^2}}=-\infty} \]

Quand on a un encadrement de la forme $v_n \leqslant u_n \leqslant w_n$ et que l'on souhaite déterminer la limite de $u_n$, il suffit de prendre une partie de cet encadrement quand $\limite{n}{+\infty}{v_n}$ et/ou $\limite{n}{+\infty}{w_n}$ est infinie, car le théorème des gendarmes ne fonctionne pas avec une limite infinie.

Soit $a\neq\dfrac{\pi}{2}+2k\pi,\ k\in\Z$. Calculer $\limite{n}{+\infty}u_n$ dans les cas suivants.

  1. $u_n=\dfrac{n+\sin(n)}{n+\cos(n)}$
  2. $u_n=\displaystyle\dfrac{1}{n}\sum_{p=0}^n\sin^p(a)$.
  1. $u_n=\dfrac{n+\sin(n)}{n+\cos(n)}=\dfrac{\cancel{n}\left(1+\frac{\sin(n)}{n} \right)}{\cancel{n}\left(1+\frac{\cos(n)}{n}\right)}$.

    Or, pour tout entier naturel $n$, \[

    \[ \begin{align} -1 \leqslant \sin(n) \leqslant 1 & \text{ donc } -\frac{1}{n} \leqslant \frac{\sin(n)}{n} \leqslant \frac{1}{n}\\[8pt] -1 \leqslant \cos(n) \leqslant 1 & \text{ donc } -\frac{1}{n} \leqslant \frac{\cos(n)}{n} \leqslant \frac{1}{n}. \end{align} \] donc, d'après le théorème des gendarmes, \[ \limite{n}{+\infty}\frac{\sin(n)}{n}=\limite{n}{+\infty}\frac{\cos(n)}{n}=0 \] et donc: \[ \boxed{\limite{n}{+\infty}u_n=\dfrac{1}{1}=1} \]

  2. $u_n=\displaystyle\dfrac{1}{n}\sum_{p=0}^n\sin^p(a)=\dfrac{1}{n}\big(1+\sin(a)+\sin^2(a)+\cdots+\sin^n(a)\big)=\dfrac{1}{n}\times\dfrac{1-\sin^{n+1}(a)}{1-\sin(a)}$.

    En effet, nous pouvons voir la somme: \[ 1+\sin(a)+\sin^2(a)+\cdots+\sin^n(a) \] comme étant la somme : \[ 1+q+q^2+\cdots+q^n=\dfrac{1-q^{n+1}}{1-q} \] avec $q=\sin(a)$ ($a\neq\dfrac{\pi}{2}\mod2\pi$ donc $\sin(a)\neq1$).

    De plus,

    \[ \begin{align}-1\leqslant\sin(a)\leqslant1 & \Rightarrow -1\leqslant\sin^{n+1}(a)\leqslant1\\ & \Rightarrow -1 \leqslant -\sin^{n+1}(a) \leqslant 1\\ & \Rightarrow 0 \leqslant 1-\sin^{n+1}(a) \leqslant 2\\ & \Rightarrow 0 \leqslant \dfrac{1-\sin^{n+1}(a)}{1-\sin(a)} \leqslant \dfrac{2}{1-\sin(a)}\\ & \Rightarrow 0 \leqslant u_n \leqslant \dfrac{1}{n}\times\underbrace{\dfrac{2}{1-\sin(a)}}_{\text{constante}}.\end{align} \]

    Or, \[ \lim_{n\to+\infty}\dfrac{1}{n}\times\underbrace{\dfrac{2}{1-\sin(a)}}_{\text{constante}}=0 \] donc d'après le théorème des gendarmes, \[ \boxed{\lim_{n\to+\infty}u_n=0} \]

Etude complète d'une suite

On considère la suite $\left(u_n\right)$ définie pour tout entier naturel $n$ par : \[ \begin{cases} u_0=1\\ u_{n+1}=u_n+2n+3. \end{cases} \]

  1. Etudier la monotonie de $\suite{u}{n}{}$.
    1. Démontrer par récurrence que pour tout entier naturel $n$, $u_n\geqslant n^2$.
    2. Déterminer alors la limite de $\suite{u}{n}{}$.
  2. Conjecturer une expression de $u_n$ en fonction de $n$ puis démontrer la propriété conjecturée.

  1. On a : \[ \begin{align} u_{n+1}-u_n & = u_n+2n+3-u_n\\ & = 2n+3 > 0 \end{align} \]

    Ainsi, la suite $\suite{u}{n}{}$ est croissante.

    1. Posons $P(n)$ la propriété : $u_n \geqslant n^2$.

      • Initialisation.

        $u_0=1\geqslant 0$ donc $P(0)$ est vraie.

      • Hérédité.

        Supposons que pour un entier naturel $k$ positif, $P(k)$ est vraie (H.R.). Montrons alors que $P(k+1)$ l'est aussi, c'est-à-dire que $u_{k+1}\geqslant(k+1)^2$.

        \[ \begin{align} u_{k+1} & = u_k+2k+3\\ & \geqslant k^2+2k+3 \quad \text{(H.R.)}\\ & \geqslant k^2+2k+1+2\\ & \geqslant (k+1)^2+2\\ & \geqslant (k+1)^2.\end{align} \]

        L'hérédité est alors vérifiée.

      • Conclusion.

        D'après le principe de récurrence, la propriété $P(n)$ est vraie pour tout entier naturel $n$.

    2. D'après le théorème de comparaison des suites et d'après la question précédente, on a : \[ \lim_{n\to+\infty} u_n \geqslant \lim_{n\to+\infty} n^2 \] Or, $\lim\limits_{n\to+\infty} n^2 = +\infty$ ; donc \[ \boxed{\lim_{n\to+\infty} u_n = +\infty}\]
  2. Calculons les premiers termes de la suite $\left(u_n\right)$ :

    \[ \begin{align} u_0 & =1\\ u_1 & = u_0+2\times 0+3 = 4\\ u_2 & = u_1+2\times 1+3=9\\ u_3 & = u_2+2\times 2+3=16\\ u_4 & = u_3+2\times 3+3=25\end{align} \]

    On peut alors conjecturer que $u_n=(n+1)^2$. Montrons cela par récurrence.

    • Initialisation.

      Faite précédemment.

    • Hérédité.

      On suppose que pour un entier naturel $k$, $u_k=(k+1)^2$ (qui constitue la propriété $P(k)$). Montrons que $u_{k+1}=(k+2)^2$.

      \[ \begin{align} u_{k+1} & =u_k+2k+3\\ & = (k+1)^2+2k+3\\ & = k^2+4k+4\\ & = (k+2)^2. \end{align} \]

      L'hérédité est alors vérifiée.

    • Conclusion.

      $P(0)$ est vraie et $P$ est héréditaire donc, d'après le principe de récurrence, la propriété $P(n)$ est vraie pour tout entier naturel $n$.

Dans un repère orthonormé, construire sur l'axe des abscisses les quatre premiers termes de la suite $\suite{u}{n}{}$ définie par son premier terme $u_0=10$ et par la relation de récurrence $u_{n+1}=\sqrt{2+u_n}$.

Conjecturez alors la limite de la suite $(u_n)$.

Le fait que $u_{n+1}=\sqrt{2+u_n}$ nous dit que $u_{n+1}=f(u_n)$, avec $f(x)=\sqrt{2+x}$. Il faut donc tracer la courbe représentative de la fonction $f$ (en rouge ci-dessous) ainsi que la droite d'équation $y=x$ (en orange ci-dessous) pour transformer les images (en ordonnées) en abscisses.

On peut alors conjecturer que la limite de cette suite est l'abscisse du point d'intersection de la courbe avec la droite, soit la solution de l'équation :

\[ \begin{align} x=\sqrt{2+x} & \iff x^2 = 2+x\\ & \iff x^2-x-2=0\qquad,\qquad\Delta=9\\ & \iff x = 2. \end{align} \]

Ce n'est qu'une conjecture... On pourra le démontrer à l'aide du théorème du point fixe (voir chapitre sur la continuité).

Soit la fonction $f$ définie sur $\intervFF{0}{2}$ par : $f(x)=\dfrac{2x+1}{x+1}$.

  1. Déterminer les variations de $f$ sur $\intervFF{0}{2}$ et montrer alors l'implication suivante : \[x\in\intervFF{1}{2} \Rightarrow f(x)\in\intervFF{1}{2}.\]
  2. On considère la suite $\left(u_n\right)$ définie par : \[ \begin{cases} u_0=1\\ u_{n+1}=f\left(u_n\right)\quad,\qquad\forall n\in\N\end{cases} \] Montrer que pour tout entier naturel $n$, $u_n\in\intervFF{1}{2}$ et que $u_n\leqslant u_{n+1}$.

  3. En déduire que la suite $\suite{u}{n}{}$ converge.

    On ne demande pas de déterminer la limite de la suite.

  1. On a : \[ f'(x)=\frac{1}{(x+1)^2}>0. \] Donc $f$ est strictement croissante sur $\intervFF{0}{2}$.

    On en déduit alors : \[ 1 \leqslant x \leqslant 2 \Rightarrow f(1)\leqslant f(x) \leqslant f(2)\] Or, $f(1)=\dfrac{3}{2}>1$ et $f(2)=\dfrac{5}{3}<2$.

    Ainsi, \[ \boxed{x\in\intervFF{1}{2} \Rightarrow f(x)\in\intervFF{1}{2}} \]

  2. Soit $P(n)$ la propriété : $1\leqslant u_n < u_{n+1} \leqslant 2$.

    Démontrons qu'elle est vraie pour tout entier naturel $n$ par récurrence.

    • Initialisation.

      $u_0=1$ et $u_1=\dfrac{2\times1+1}{1+1}=1,5$ donc $1\leqslant u_n < u_1 \leqslant 2$.

    • Hérédité.

      Supposons que $P(k)$ soit vraie, où $k$ est un entier naturel. Montrons alors que $P(k+1)$ l'est aussi.

      D'après la question précédente, on a :

      \[ \begin{align} 1 \leqslant u_k < u_{k+1} \leqslant 2 & \implies f(1) \leqslant f\left(u_k\right) < f(u_{k+1}) \leqslant f(2)\\ & \implies {\color{red}1 } \leqslant 1,5 \leqslant u_{k+1} < u_{k+2} \leqslant \frac{5}{3} {\color{red} \leqslant 2}. \end{align} \]

      L'hérédité est alors vérifiée.

    • Conclusion.

      $P(0)$ est vraie et $P$ est héréditaire donc, d'après le principe de récurrence, $P(n)$ est vraie pour tout entier naturel $n$.

  3. De la question précédente, on peut conclure que la suite $\suite{u}{n}{}$ est croissante et bornée, donc majorée. Or, toute suite croissante et majorée converge.

    Donc $\suite{u}{n}{}$ est convergente.

Soit la suite $\suite{u}{n}{}$ définie par : \[ \begin{cases} u_0=1\\ u_{n+1}=\dfrac{u_n+6}{u_n+2}\quad,\qquad\forall n\in\N \end{cases} \]

On admet que pour tout entier naturel $n$, $1\leqslant u_n \leqslant 2,5$.

Pour tout entier naturel $n$, on pose $v_n=\dfrac{u_n-2}{u_n+3}$.

  1. Montrer que la suite $\suite{v}{n}{}$ est géométrique. On précisera alors son premier terme et sa raison.
  2. En déduire la limite de la suite $\suite{u}{n}{}$.

  1. On a $v_n=\dfrac{u_n-2}{u_n+3}$. Alors :

    \[ \begin{align} v_{n+1} & = \frac{u_{n+1}-2}{u_{n+1}+3}\\& = \frac{\tfrac{u_n+6}{u_n+2}-2}{\tfrac{u_n+6}{u_n+2}+3}\\& = \frac{u_n+6-2u_n-4}{u_n+2}\times\frac{u_n+2}{u_n+6+3u_n+6}\\ & = \frac{-u_n+2}{4u_n+12}\\& = -\frac{1}{4}\times\frac{u_n-2}{u_n+3}\\& = -\frac{1}{4}v_n\;.\end{align} \]

    Ainsi, la suite $\left(v_n\right)$ est une suite géométrique de premier terme $v_0=\dfrac{u_0-2}{u_0+3}=-\dfrac{1}{4}$ et de raison $q=-\dfrac{1}{4}$.

  2. La suite $\left(v_n\right)$ converge vers « 0 » comme suite géométrique de raison strictement comprise entre $-1$ et $1$. Ainsi :

    \[ \begin{align} \lim_{n\to+\infty} \frac{u_n-2}{u_n+3}=0 & \Rightarrow \lim_{n\to+\infty} \left(u_n-2\right)=0\\ & \Rightarrow \boxed{\lim_{n\to+\infty} u_n=2}\\ & \text{(car $1\leqslant u_n \leqslant 2,5$ donc $\limite{n}{+\infty}{(u_n+3)}\neq\pm\infty$)} \end{align} \]

On considère la suite $\suite{u}{n}{}$ définie par : \[ \begin{cases} u_0=3\\ u_{n+1}=\dfrac{4u_n-1}{4u_n}\quad,\qquad\forall n\in\N \end{cases} \]

et la suite $\suite{v}{n}{}$ définie pour tout entier naturel $n$ par : $ v_n=\dfrac{1}{u_n-\tfrac{1}{2}}$.

  1. Montrer que $\suite{v}{n}{}$ est une suite arithmétique dont on précisera le premier terme et la raison.
  2. En déduire $\lim\limits_{n\to+\infty} u_n$.

  1. On a: \[ \begin{align} v_{n+1}-v_n & = \frac{1}{u_{n+1}-\tfrac{1}{2}}-\frac{1}{u_n-\tfrac{1}{2}}\\ & = \frac{1}{\tfrac{4u_n-1}{4u_n}-\tfrac{1}{2}}-\frac{1}{u_n-\tfrac{1}{2}}\\ & = \frac{1}{\tfrac{4u_n-1}{4u_n}-\tfrac{2u_n}{4u_n}}-\frac{1}{u_n-\tfrac{1}{2}}\\ & = \frac{1}{\tfrac{2u_n-1}{4u_n}}-\frac{1}{u_n-\tfrac{1}{2}}\\ & = \frac{4u_n}{2u_n-1}-\frac{1}{u_n-\tfrac{1}{2}}\\ & = \frac{2u_n}{u_n-\tfrac{1}{2}}-\frac{1}{u_n-\tfrac{1}{2}}\\ & = \frac{2\left(u_n-\tfrac{1}{2}\right)}{u_n-\tfrac{1}{2}} = 2.\end{align} \]

    La suite $\suite{v}{n}{}$ est donc arithmétique de premier terme $v_0=\dfrac{1}{u_0-\dfrac{1}{2}}=\dfrac{2}{5}$ et de raison $r=2$.

  2. D'après ce qui précède, $\lim\limits_{n\to+\infty} v_n=+\infty$ car $r>0$ d'où : \[ \lim_{n\to+\infty} \frac{1}{u_n-\tfrac{1}{2}}=+\infty\;,\] ce qui signifie que : \[ \lim_{n\to+\infty} \left(u_n-\frac{1}{2}\right)=0. \] D'où : \[ \boxed{\lim_{n\to+\infty} u_n=\frac{1}{2}} \]

On définit la suite $\suite{u}{n}{}$ pour tout entier naturel $n$ par : \[ \begin{cases} u_0=1\\ u_{n+1}=\dfrac{1}{2}u_n+2n-1\end{cases} \]

  1. Calculer les 10 premiers termes de cette suite à l'aide de la calculatrice ou d'un tableur.

    Que peut-on conjecturer quant au sens de variation de $\suite{u}{n}{}$?

  2. On pose $v_n=u_n-4n+10$.

    1. Montrer que $\suite{v}{n}{}$ est une suite géométrique que l'on caractérisera.
    2. En déduire l'expression de $v_n$ puis celle de $u_n$ en fonction de $n$.
    3. On pose : $ S_n=\displaystyle\sum_{k=0}^n u_k=u_0+u_1+\cdots+u_n.$

      Donner l'expression de $S_n$ en fonction de $n$.

  1. On trouve :

    • $u_1=-0,5$
    • $u_2=0,75$
    • $u_3=3,375$
    • $u_4=6,6875$
    • $u_5=10,34375$
    • $u_6=14,171875$
    • $u_7=18,0859375$
    • $u_8=22,04296875$
    • $u_9=26,021484375$

    On peut alors conjecturer que $\suite{u}{n}{}$ est strictement croissante à partir de $n=1$.

    1. On a : \[ \begin{align} v_{n+1} & =u_{n+1}-4(n+1)+10\\ & = \dfrac{1}{2}u_n+2n-1-4n-4+10\\ & = \dfrac{1}{2}u_n-2n+5\\ & = \dfrac{1}{2}\left(u_n-4n+10\right)\\ & = \dfrac{1}{2}v_n\;. \end{align} \]

      On déduit alors que $\suite{v}{n}{}$ est une suite géométrique de raison $\dfrac{1}{2}$ et de premier terme $v_0=u_0-4\times0+10=11$.

    2. On a alors : $v_n=11\times\dfrac{1}{2^n}$ et donc: $u_n=v_n+4n-10=\dfrac{11}{2^n}+4n-10$.
    3. On a: \[ \begin{align} S_n & = \sum_{k=0}^n \left(\dfrac{11}{2^k}+4k-10\right)\\ & = 11\sum_{k=0}^n\dfrac{1}{2^k}+4\sum_{k=0}^n k-10\sum_{k=0}^n 1\\ & = 11\left(\dfrac{1-\frac{1}{2^{n+1}}}{1-\frac{1}{2}}\right)+4\times\dfrac{n(n+1)}{2}-10(n+1)\\ & = 22\left(1-\dfrac{1}{2^{n+1}}\right)+2(n-5)(n+1). \end{align} \]

On définit la suite $\suite{u}{n}{}$ par: \[ \begin{cases} u_0=4\\ u_{n+1}=\frac{1}{4}u_n+12 \qquad \forall n\in\N.\end{cases} \]

  1. Montrer par récurrence que pour tout entier naturel $n$, \[ 4 \leqslant u_n \leqslant u_{n+1} \leqslant 20. \]
  2. Montrer que $\suite{u}{n}{}$ est convergente.
  3. Pour tout entier naturel $n$, on pose: $v_n=u_n-16$.

    1. Calculer $v_0$.
    2. Montrer que $\suite{v}{n}{}$ est géométrique.
    3. En déduire une expression de $v_n$, puis de $u_n$ en fonction de $n$.
    4. Déterminer la limite de $\suite{u}{n}{}$.

  1. Posons $\mathcal{P}(n):4 \leqslant u_n \leqslant u_{n+1} \leqslant 20.$

    Démontrons par récurrence que $\mathcal{P}(n)$ est vraie pour tout entier naturel $n$.

    • Initialisation.

      $u_1=\dfrac{1}{4}u_0+12=1+12=13$.

      On a alors: $4 \leqslant u_0 \leqslant u_{1} \leqslant 20$.

      Ainsi, $\mathcal{P}(0)$ est vraie.

    • Hérédité.

      Supposons que pour un entier $k$ fixé, $\mathcal{P}(k)$ est vraie.

      Montrons alors que $\mathcal{P}(k+1)$ est aussi vraie.

      \[ \begin{align} \mathcal{P}(k)\text{ vraie} & \Rightarrow 4 \leqslant u_k \leqslant u_{k+1} \leqslant 20\\ & \Rightarrow \frac{1}{4}\times 4 \leqslant \frac{1}{4} u_k \leqslant \frac{1}{4}\times u_{k+1} \leqslant \frac{1}{4}\times 20\\ & \Rightarrow 1+12 \leqslant \frac{1}{4} u_k+12 \leqslant \frac{1}{4} u_{k+1}+12 \leqslant 5+12\\ & \Rightarrow 13 \leqslant u_{k+1} \leqslant u_{k+2} \leqslant 17\\ & \Rightarrow {\color{red}4 \leqslant} 13 \leqslant u_{k+1} \leqslant u_{k+2} \leqslant 17 {\color{red} \leqslant 20}\\ & \Rightarrow \mathcal{P}(k+1)\text{ vraie}. \end{align} \]

    • Conclusion.

      $\mathcal{P}(0)$ est vraie et $\mathcal{P}(k) \text{ vraie }\Rightarrow\mathcal{P}(k+1) \text{ vraie }$ donc, d'après le principe de récurrence, $\mathcal{P}(n)$ est vraie pour tout entier naturel $n$, à savoir que: \[ \forall n\in\N,\qquad 4 \leqslant u_n \leqslant u_{n+1} \leqslant 20. \]

  2. D'après la question précédente, $\suite{u}{n}{}$ est croissante et majorée (par 20) donc, d'après le théorème de convergence des suites monotones, $\suite{u}{n}{}$ converge.
    1. $v_0=u_0-16=4-16=-12$.
    2. Pour tout entier naturel $n$, \[ \begin{align} v_{n+1} & = u_{n+1}-16\\ & = \frac{1}{4}u_n+12-16\\ & = \frac{1}{4}u_n-4\\ & = \frac{1}{4}\left(u_n - \frac{4}{\tfrac{1}{4}}\right)\\ & = \frac{1}{4}(u_n-16)\\ & = \frac{1}{4}v_n.\end{align} \]

      Ainsi, $\suite{v}{n}{}$ est une suite géométrique de raison $q=\frac{1}{4}$.

    3. On déduit de la question précédente que: \[ v_n = v_0 \times q^n = -12 \times \left(\frac{1}{4}\right)^n \] et que: \[ u_n = v_n+16 = 16-12\times\left(\frac{1}{4}\right)^n. \]
    4. $0 < \frac{1}{4} < 1$ donc $\limite{n}{+\infty}{\left(\frac{1}{4}\right)^n}=0$.

      Ainsi, $\limite{n}{+\infty}{u_n}=16$.

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